Tripalio

Actualité de "Personnel intérimaire des entreprises de travail temporaire" | Tripalio
jo : Arrêté d'extension d'un accord à la CCN des services de santé au travail       jo : L'enquête de représentativité des syndicats de pharmaciens est ouverte       bocc : Les entreprises de propreté s'accordent sur l'égalité professionnelle       bocc : Révision des salaires dans la CCN des structures associatives de pêche       bocc : Mise à jour des salaires dans la branche des offices publics de l'habitat       bocc : La branche des industries et services nautiques s'accorde sur le CDI de chantier ou d'opération       bocc : Un accord sur le travail de nuit dans les industries et services nautiques       bocc : Modification d'une délibération dans le cadre de l'ANI sur l'AGIRC-ARRCO       bocc : Une double mise à jour pour l'ANI sur le régime AGIRC-ARRCO       bocc : Une délibération relative à l'activité partielle dans le cadre de l'ANI sur l'AGIRC-ARRCO       jo : AT-MP : des nouveautés liées au coronavirus actées par décret       bocc : La branche de la métallurgie de l'Aisne fixe la garantie de rémunération GRE       bocc : La branche du sport CCNS fait et le point sur le travail à temps partiel       jo : Avis d'extension de la CCN des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile       jo : Avis d'extension d'avenants dans la branche FIAC : ingénierie territoriale d'intérêt général       jo : Avis d'extension d'un avenant dans les branches de l'imprimerie de labeur et de la sérigraphie       jo : Avis d'extension d'un avenant dans les branches de l'imprimerie de labeur et la publicité       jo : Avis d'extension d'un accord dans le transport en navigation intérieure       jo : Avis d'élargissement au commerce de gros d'un avenant dans la poissonnerie       bocc : La branche de la mutualité s'accorde sur l'égalité professionnelle femmes-hommes      

Actualité de "Personnel intérimaire des entreprises de travail temporaire"

Nouveau système de rémunération : lettre ouverte de la CFE-CGC Adecco à Messieurs Catoir, Viros et Jasmin

Lettre ouverte à Messieurs Catoir, Viros
et Jasmin

 Messieurs,

 Au nom de la CFE-CGC, notre organisation syndicale très largement majoritaire chez les cadres de l’entreprise, nous tenons à vous alerter sur le niveau de mécontentement inédit que nous percevons chez les salariés et leurs inquiétudes que nous partageons très largement. N’entendez-vous pas notre colère depuis vos coquets bureaux ?

Alors même que vous évoquez à tout propos la transparence, le dernier mauvais coup qui leur est porté consiste, par un subterfuge juridique sans précédent, à imposer un nouveau système de rémunération qui ne nécessiterait, nous affirme-t-on, pour la grande majorité d’entre eux aucun acquiescement de leur part, ni aucune signature non plus. Ce passage en force, après des mois de duperie des élus, en dit long sur les conséquences dudit projet « Pyramide » sur la rémunération des salariés. En effet, il ne serait d’aucune utilité de mentir, dissimuler et tenter d’abuser les élus du personnel et l’ensemble des salariés si le nouveau calcul de la partie variable de rémunération s’avérait bénéfique pour les salariés et leur assurait une amélioration ou, à minima, un maintien de son niveau actuel. Un niveau actuel, soit dit en passant, déjà en net recul par rapport aux systèmes précédents. Les non signataires peuvent en témoigner.

Pourtant, tout ou presque change dans ce nouveau mode de calcul : le seuil de déclenchement à 75% générant au passage une énorme cohorte de collaborateurs qui devront dorénavant se contenter de leur rémunération fixe, un paiement de part variable de rémunération différé au trimestre, au semestre et à l’année pour ceux qui en percevront malgré tout, les critères d’obtention impliquant le niveau de parts de marché, l’implication d’autres entités au nom d’une « family » sur les performances de laquelle les salariés du réseau Adecco France n’ont strictement aucune influence, le transfert au salaire fixe d’une partie de la rémunération variable présumée.

Bref, tout ou presque change et il ne faudrait, selon vous,  manifester aucun accord, ni apposer la moindre signature ? Nous consultons bien entendu nos juristes sur ce point et notamment sur le respect de l’arrêt de Cassation qui prévoit que toute modification de structure de la rémunération variable sur objectif(s) doit faire l’objet de l’accord du salarié (Cass. Soc., 21 octobre 2014, n°13-18.847). Mais au final, que vous ayez juridiquement tort ou raison importe finalement peu, ce tour de passe-passe juridique ne trompe personne sur vos intentions et vous avez de toute façon éthiquement tort en interdisant tout libre-choix à vos salariés, ceux qui font prospérer l’entreprise.

Les impératifs financiers bien réels ne peuvent tout justifier et surtout pas de dangereuses dérives comme ce mauvais coup porté aux salariés permanents du groupe déjà victime d’une régression régulière de leur rémunération, aggravée par la crise sanitaire,  qui survient de plus au plus mauvais moment. Est-il responsable de tenter ce coup de force sur les rémunérations alors même que tous sont encore déstabilisés par l’affaire de la liste noire et des différents scandales plus ou moins médiatisés de ces derniers mois ? N’entendez-vous pas les craintes et même l’angoisse montant du réseau sur la marche de l’entreprise, l’érosion sans fin des parts de marché, les rachats massifs d’actions, le dividende garanti aux actionnaires quelles que soient les performances ou contre-performances réalisées, notre quasi-disparition de l’activité BTP et autres dérivent contribuant à fragiliser l’entreprise, hypothéquer son avenir et par conséquent l’emploi.

Aujourd’hui, compte tenu de ces considérations et analyses, nous vous demandons de revoir votre position et de renouer avec un véritable dialogue social digne de ce nom. Nous avons tous à y gagner et il nous semble impérieux de tenter de préserver ce qu’il reste de motivation dans l’entreprise. Nous nous tenons prêts à contribuer à un dialogue raisonné sur les sujets évoqués et vous assurons de notre volonté de demeurer force de proposition comme nous nous y sommes toujours efforcés.

Dans l’attente de vous lire, de vous entendre ou de vous rencontrer, recevez Messieurs nos sincères salutations.

P/o les élus CFE-CGC Adecco

Handicap : un accord de référence chez Adecco

L'accord d'entreprise sur le handicap signé chez Adecco a été particulièrement remarqué par notre confédération nationale, toujours en pointe sur le sujet, et qui nous livre sur son site internet un article reprenant l'essentiel de la démarche, de nos propositions et des engagements d'Adecco sur le handicap.

A l’origine de l’essentiel de son contenu, la CFE-CGC du leader de l’intérim en France vient de parapher un accord handicap bien ficelé et bien financé.

Mission accomplie : le 17 mars 2021, la CFE-CGC, en la personne de sa représentante Fanny Carayon, déléguée syndicale centrale, a signé l’accord handicap chez Adecco. Nom exact : « Accord d’entreprise en faveur de l’intégration et du maintien dans l’emploi de salariés en situation de handicap ». Co-signataires : la DRH S.P. et trois autres syndicats (CFDT, FO et UNSA). Budget : 1,2 million d’euros sur trois ans, entre 2021 et 2023. Durant deux mois de négociations sans accrocs notables, la CFE-CGC a été force de proposition.

« Nous sommes à l’origine de plusieurs dispositions phares de ce texte, revendique A de B, le délégué syndical central adjoint de la CFE-CGC dans le groupe. Sans qu’il y ait de problématique particulière du handicap chez Adecco, étant donné que nos salariés exercent des métiers à 100 % tertiaires, nous avions le sentiment que ce sujet avait été un peu laissé de côté. Et nous avons beaucoup œuvré pour trouver des solutions que l’entreprise puisse mettre en place de façon éthique. »

DES ENGAGEMENTS EN FAVEUR DE L’EMPLOI DE PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Sur toute la durée de l’accord, Adecco s’engage à recruter 39 salariés en situation de handicap en CDD, en proposant a minima, dans 50 % des cas, des contrats de 6 mois et en transformant a minima 30 % des CDD en CDI. L’entreprise s’engage aussi à intégrer 45 alternants en situation de handicap, à raison de 15 par an, et à transformer a minima 30 % de leurs contrats en CDI à la fin de l’alternance. L’objectif est d’atteindre, en 2023, un taux d’emploi direct de 4 % de collaborateurs en situation de handicap sur un effectif d’environ 3 300 salariés permanents en France.

Pour veiller au grain, une Commission de suivi paritaire est instaurée. Elle pourra accueillir ponctuellement des invités (responsables de directions opérationnelles ou supports, salariés, partenaires) en fonction des sujets à porter. Elle se réunira fin 2021 pour effectuer un premier bilan général. Des indicateurs de suivi de l’accord par types d’actions sont définis et listés. À noter : la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Direccte), à qui l’accord a été soumis, l’a salué de trois mots chaleureux - « feedback très favorable » - au début de son courriel de validation.

Juste après celui sur le handicap, un accord de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) a été signé majoritairement chez Adecco. En revanche, celui sur le télétravail a capoté. « Nous ne l’avons pas signé, explique A. de B, car nous avons rencontré une vraie pierre d’achoppement avec le refus d’indemnisation des coûts et les faux frais liés au télétravail (électricité, ordinateur qui tourne toute la journée, chauffage, sacrifice de mètres carrés sur le lieu de vie…). Autant de dépenses induites que l’entreprise transfère sur les salariés et qu’elle économise pour sa part, comme le montre actuellement la suppression par Adecco de deux étages de bureaux à La Défense (Hauts-de-Seine). »

Gilles Lockhart 

Source : site confédéral CFE-CGC  


Demain sur ce blog :
Un système de rémunération qui fâche...

Nouveau système de rémunération : l'heure de vérité !

Cette semaine et tout particulièrement aujourd'hui, l'ensemble du réseau sera enfin informé des modalités du nouveau système de rémunération et nous avons bien sûr une pensée particulière pour tous ceux qui vont découvrir qu'il va leur falloir travailler plus encore pour gagner moins. Ils vont tout d'abord, dès les première minutes, découvrir une véritable usine à gaz, comme nous l'écrivions dans notre article du 13 novembre dernier "Nos inquiétudes sur le nouveau système de rémunération variable". Concernant les systèmes de rémunération variable qui se succèdent, la devise de l'entreprise semble se résumer à "plus complexe qu'hier, moins que demain". Un système généreux serait évidemment simple et lisible aussi vrai que "ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément". L'opacité ne présage jamais rien de fameux...

Par obligation de réserve, nous n'avions pu dans cet article, donner de précisions sur cet énième système de rémunération mais c'est aujourd'hui l'heure de vérité. Avec un seuil de déclenchement à 75% d'atteinte du budget au lieu de 50% préalablement, c'est le premier effet-choc. Ce sont déjà, rien que sur ce critère, des centaines de nos collègues qui repassent au salaire fixe exclusivement. Ajoutez-y un différé au trimestre du versement de cette partie variable (résiduelle) de la rémunération et c'est encore moins de trésorerie pour le salarié et davantage pour l'entreprise. Ce n'est ni plus ni moins qu'un transfert de trésorerie au même titre que le télétravail non indemnisé constitue un transfert de coûts de l'entreprise vers le télétravailleur.

Dans notre article de novembre mentionné ci-dessus, nous nous interrogions sur la motivation escomptée d'un variable dépendant en partie de la "Family" sur laquelle l'activité du collaborateur Adecco France n'a pas le moindre impact et dont il ignore tous les paramètres. Comment motiver un permanent d'agence, de site, de Hub ou de siège en indexant une part de son variable sur les performances de Médical ou d'Humando, par exemple ? Nous précisions même que "Cela rappelle l'incentive Family du deuxième trimestre (2020) et préfigure à l'évidence de grandes manœuvres de rapprochement et mutualisation".

Quant à l'indexation d'une partie du variable de rémunération sur les parts de marché, il y a vraiment de quoi s'inquiéter lorsque l'on connait son évolution et les chiffres alarmants de ce début d'année Quand les parts de marché sont disponibles et crédibles ! Tout ceci pour conclure que la rémunération de nombre d'entre nous va encore diminuer de façon significative. Seule une mobilisation massive pourrait enrayer ce processus nous entrainant vers le "toujours moins". Sans parler de tous ceux d'entre nous qui se voient retirer leur véhicule ou leur indemnité véhicule... Et le processus ne s'arrêtera évidemment pas là. Agir ou subir, c'est ce que nous avons à vous proposer de mieux et pour ce qui est d'agir, chacun sait à quelle porte frapper.

Adecco chouchoute ses actionnaires

Même dans la conjoncture actuelle particulièrement morose, l'actualité économique peut s'avérer porteuse de bonnes nouvelles. 

Bon, du calme, pas pour vous ni pour nous mais, en l’occurrence, pour les actionnaires. Ces derniers viennent d'apprendre lors de l'assemblée générale annuelle, moment tant attendu par les investisseurs, que le dividende qui leur sera versé à compter de mercredi s'élève à 2,50 francs suisses par action. Même montante que l'an dernier et les années précédentes. Une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, nous apprenons que l'ensemble des membres du conseil d'administration ont été élus brillamment réélus pour un mandat d'un an. Comme dirait l'autre, tu ne mords pas la main qui te nourrit ! Enfin, cerise sur le gâteau bien crémeux, grâce à l'élection d'une certaine Rachel Duan, le conseil d'administration peut s’enorgueillir d'une stricte parité des sexes. Nous nageons décidément dans un océan de félicité...

 A la lecture de ces nouvelles, comment ne pas avoir à l'esprit cette définition de l'actionnaire, gestionnaire passif de l'activité des autres. Que son auteur soit ici remercié de cette fulgurance, véritable raccourci de génie. Mais pourtant, nous lui préférons celle de Luc Fayard :  "actionnaire, personne morale amorale, affectée d'un trouble oculaire spécifique : dans des comptes financiers, elle ne peut lire que la ligne du bas, celle du résultat". 

Mais le plus extraordinaire dans l'affaire, si l'on ose dire, c'est le maintien du dividende à un taux élevé quels que soient les résultats et la conjoncture subie. Depuis 2018, le dividendes est garanti à hauteur de 2,50 francs suisses. Année record en 2019 : 2,50 CHF. Année difficile en 2020 : 2,50 CHF. En gros, (très) cher actionnaire, pile tu gagnes, face tu gagnes et tranche... tu gagnes encore ! Adecco a inventé le dividende maximum garanti (DMG)

Pendant ce temps, loin des flonflons de la fête, des confettis et des flutes pétillantes, les équipes se donnent sans compter pour une rémunération qu'on ne sait plus comment leur raboter par mille pingreries, subterfuges et autres systèmes de rémunération ésotériques.

Afficher les articles suivants...
Back to Top