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La Journée internationale de lutte pour les droits des femmes vue par 3 syndicats

Revue de presse | Par GUITTET Léo | 08/03/2021 12:17

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Ces publications proviennent des sites des syndicats de salariés CFE-CGC, CGT, FO et UNSA.

La CFE-CGC met l'accent sur son action en matière d'égalité professionnelle :

En se mobilisant tout au long de l’année, la CFE-CGC se positionne en leader de la défense de l’égalité professionnelle et de la parité. Mireille Dispot, secrétaire nationale en charge du secteur Égalité des chances et santé au travail, fait le point. 

La traditionnelle Journée internationale des droits des femmes se tient le 8 mars. Quelle importance revêt ce rendez-vous annuel ?

C’est un rendez-vous important qui donne l’occasion de mettre en lumière la nécessité d’une vraie égalité, parité et mixité entre les femmes et les hommes ainsi que la non-discrimination entre ces derniers. Cela dit, la persistance d’un tel rendez-vous est préoccupante car les femmes représentent 52 % de la population et qu’au XXIe siècle, on en est encore à s’interroger sur leur véritable place dans le monde du travail… La CFE-CGC a fait de ce combat l’une des priorités de la mandature en cours et nous défendons ces valeurs tout au long de l’année, pas seulement le 8 mars.

Cette date a-t-elle une portée spécifique cette année ?

Elle s’inscrit dans le contexte particulier d’une crise sanitaire inédite qui a un impact spécifique sur les femmes. Si la pandémie met en lumière l’utilité sociale de nombreux métiers à prédominance féminine, elle souligne aussi les difficultés accrues auxquelles sont confrontées les femmes. La continuité d’activité à domicile avec les enfants, notamment, est plus problématique pour les femmes.

Les revendications de la CFE-CGC progressent-elles ?

Nous sommes dans un processus d’amélioration grâce à des textes de loi, mais sans concrétisation véritablement satisfaisante. La CFE-CGC a lancé, le 8 mars, une campagne sur le slogan « Avec des elles on va plus haut », une manière de souligner qu’il est de l’intérêt de l’entreprise d’assurer une égalité de carrière aux femmes et aux hommes. Une autre de nos priorités est de lutter contre les écarts de rémunération. L’index de l’égalité professionnelle femmes-hommes (1) ne peut pas être une fin en soi. Dans le cadre des travaux du Groupe EquationS que la CFE-CGC vient de créer, l’objectif est de faire modifier cet indice pour revoir le barème de points, les éléments de la rémunération à prendre en compte, garantir un rythme annuel de sanctions, rendre obligatoire l’indication du montant moyen de l’augmentation de salaire en retour de congé maternité…

Par ailleurs, le dixième anniversaire de la loi Copé Zimmermann est aussi l’occasion de porter l’idée d’élargir le principe d’une représentativité équilibrée aux comités de direction. 

En quoi consiste ce Groupe EquationS ?

Il s’agit d’un groupe d’experts fédéraux que je pilote avec Eric Freyburger, délégué national, et une conseillère technique salariée de la Confédération. Son but est de traduire et de diffuser nos actions en matière d’égalité et de parité au plus près des militants et des adhérents. Le Groupe compte 17 participants désignés par les fédérations en plus des 3 pilotes.

Quelle est l’articulation du dispositif ?

Je crois beaucoup aux retours d’expériences et au partage des bonnes pratiques. Il est crucial d’aider sur le terrain nos négociatrices et négociateurs pour s’approprier cette thématique de façon systématique en situation de négociation. Nous allons leur proposer des outils pour les accompagner. L’égalité professionnelle a été prise en compte dans les récents accords nationaux interprofessionnels (ANI) sur la santé au travail et le télétravail. Elle doit l’être à tous les niveaux de négociation.

(1) Mis en place en 2018 dans le cadre de la loi avenir professionnel, il concerne toutes les entreprises de plus de 50 salariés. 

 

La CGT veut que l'égalité professionnelle serve à sortir de la crise :

À l’occasion du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, nous souhaitons interpeller gouvernement et patronat. Communiqué unitaire dont la CGT est signataire. 

La crise inédite que nous traversons a un impact direct sur les femmes. 

Si elle a été l’occasion de mettre enfin dans la lumière l’utilité sociale de nombreux métiers à prédominance féminine, elle se traduit aussi par des difficultés accrues pour les femmes. Comme le révèle l’OIT, dans le monde, les pertes d’emploi et baisses de revenus engendrées par la crise ont été plus importantes pour les femmes que pour les hommes. 

En France, l’augmentation de la précarité et de la pauvreté pénalise d’abord les femmes, qui représentent 80% des temps partiels, 60% des titulaires de CDD et 80% des familles monoparentales. 

La fragilisation du fonctionnement des écoles et des crèches pénalise d’autant plus les femmes, nombreuses à télétravailler tout en gardant leurs enfants, avec des conséquences négatives sur leur carrière et leur santé. 

Le confinement s’est aussi traduit par une augmentation des violences intrafamiliales et par une fragilisation de l’accès aux soins. 

Nous nous félicitons de l’allongement du congé paternité qui fait écho à une proposition que nous portons ensemble depuis de longues années. 

Cependant, nous regrettons que la plupart des négociations et des plans d’action visant à l’amélioration de la situation des femmes (suppression des écarts de salaire, droits liés à la parentalité, temps partiels, lutte contre les violences...) avec les pouvoirs publics comme avec le patronat soient, au motif de la crise ajournés ou enterrés. 

De ce point de vue la suppression du Conseil Supérieur à l’Egalité Professionnelle est un signe très négatif car il fait disparaitre un des rares cadres de démocratie sociale consacré à l’égalité professionnelle. 

Nous alertons solennellement gouvernement et patronat : sans politique économique et sociale et relance de la démocratie sociale prenant réellement en compte les droits des femmes, la crise risque de se traduire par une augmentation des inégalités et un recul de la situation des femmes. 

Nous portons ensemble notamment les exigences suivantes : 

  • La ratification de la convention 190 et de la recommandation 206 de l’Organisation Internationale du Travail contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail doit être l’occasion d’aller plus loin que le cadre législatif actuel. Nous proposons notamment que la prévention des violences sexistes et sexuelles soit un sujet obligatoire de négociation dans les entreprises sous peine de sanction pour les employeurs. Nous voulons la mise en place d’une obligation de formation des professionel·le·s et de sensibilisation des salarié.e.s, le renforcement des dispositifs d’accompagnement des victimes, notamment dans les entreprises sans représentant.e.s du personnel. Nous demandons enfin l’application de la convention et de la recommandation en matière de protection du travail des victimes de violences conjugales (droit à mobilité géographique et fonctionnelle choisie, absences rémunérées, prise en charge des frais médicaux et sociaux sans frais, interdiction des licenciements...).
  • Les salaires des métiers à prédominance féminine doivent être revalorisés et la loi qui garantit un salaire égal pour un travail de valeur égale doit être appliquée. Nous demandons que soit rendue obligatoire et dans un délai contraint, l’ouverture de négociations portant sur les classifications dans le privé et les grilles indiciaires dans la fonction publique en vue de reconnaitre et valoriser les missions, les qualifications et compétences mises en œuvre dans les métiers et corps à prédominance féminine.
  • Les aides aux entreprises doivent être conditionnées et le plan de relance doit permettre de lutter contre la pauvreté, les contrats précaires et à temps partiels et les licenciements, qui frappent de nombreuses femmes. La réforme de l’assurance chômage doit être abandonnée, notamment parce qu’elle pénalise les plus précaires, souvent des femmes, qui subissent une double peine : moins payées au travail et donc moins indemnisées au chômage.
  • L’index égalité salariale doit être corrigé pour permettre de supprimer effectivement les écarts de rémunération. Le « seuil de pertinence », le barème et la pondération masquent une partie des écarts. Les obligations de transparence et les moyens du CSE en matière d’information et de dialogue social sont à renforcer et les employeurs doivent débloquer les enveloppes de rattrapage salarial nécessaires. Par ailleurs, l’obligation de résultat en matière d’égalité salariale doit être étendue à la fonction publique par des mesures contraignantes.
  • Les services publics doivent être renforcés, notamment en ce qui concerne la prise en charge des enfants et de la perte d’autonomie, majoritairement assumées par des femmes, afin de faire reculer les inégalités et de mieux affronter les crises.

Pour nos organisations, l’égalité entre les femmes et les hommes est l’un des leviers de sortie de crise indispensable. 

Pour construire une société plus juste et plus résiliente nous avons besoin d’investir dans le secteur des soins et du lien, de renforcer les services publics, de revaloriser les métiers à prédominance féminine et de mettre fin aux violences et aux discriminations ! 

FO réclame une véritable application de l'égalité professionnelle :

Si l’égalité entre les femmes et les hommes est régulièrement présentée comme une grande cause nationale, elle est loin d’être atteinte. La pandémie de Covid-19 a mis en évidence trois aspects qui pénalisent particulièrement les femmes : métiers sous-valorisés, cumul vie familiale/ professionnelle et violences conjugales. 

Pour l’égalité de rémunération 

Des métiers à prédominance féminine ont été particulièrement mobilisés pendant la pandémie et pourtant ils demeurent trop souvent sous-valorisés. Dans le même temps, l’Index égalité ne produit pas les résultats escomptés puisque 96% des grandes entreprises ont obtenu plus de 75/100 alors qu’il existe toujours 25% d’écart de rémunération tout confondu et 9,6% à poste égal. 

FO considère que la question des emplois dits de la deuxième ligne doit se traduire sans délai par une revalorisation des salaires et des carrières qui profitera notamment aux emplois aujourd’hui très féminisés. Un bilan de l’index égalité doit être fait sans concession. FO revendique sa révision et son amélioration afin qu’il permette d’aboutir réellement à l’égalité salariale. FO est favorable à des indicateurs plus larges sur la proportion de femmes parmi les bas niveaux de classification et les 10% de salaire les moins élevés. 

Ne pas subir l’empiétement vie privée – vie professionnelle 

À l’image de l’allongement du congé paternité qui permettra un meilleur équilibre des temps de vie, FO revendique une augmentation du nombre de places en accueil de jeunes enfants avec des financements supplémentaires afin de garantir la qualité d’accueil des enfants et les conditions de travail des salariés. 

Ratifier la convention 190 et sa recommandation 

Alors que le confinement a aggravé les chiffres des déclarations de violences conjugales, FO revendique une ratification rapide et dépassant le droit constant de la Convention 190 de l’OIT et la mise en œuvre de sa recommandation concernant l’élimination de la violence et du harcèlement dans le monde du travail afin d’agir plus efficacement dans le monde du travail contre toutes les violences y compris conjugales. 

Les actes doivent être à la hauteur des enjeux pour qu’enfin l’égalité entre les femmes et les hommes soit une réalité. FO se bat toute l’année en ce sens. 

 

L'UNSA rappelle ses engagements pour favoriser l'égalité professionnelle :

Comme chaque année, la journée du 8 mars permet de réaffirmer l’engagement de l’UNSA pour la défense des droits des femmes, pour l’égalité, notamment salariale entre les femmes et les hommes, pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et le harcèlement au travail. 

Même si cette date est symbolique, ces revendications sont et doivent être portées chaque jour de l’année. À cette occasion, l’UNSA met à disposition de l’ensemble de ses militantes et militants un tract rappelant ses principaux engagements : 

  • Mener des actions pour déconstruire les stéréotypes liés aux représentations « genrées » des métiers.
  • Agir pour faire de la prévention des violences sexistes et sexuelles un sujet obligatoire de négociations dans toutes les entreprises et la Fonction publique.
  • Militer pour la ratification par la France de la Convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail sur la violence et le harcèlement au travail.
  • Mettre en place des sessions de formation, pour ses militant.es et adhérent.es, sur la lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes dans le monde du travail.

D’autre part, réunies en intersyndicale, les principales organisations syndicales ont mis de côté leurs divergences pour signer un communiqué de presse commun intitulé « L’égalité entre les femmes et les hommes est un levier indispensable de sortie de crise ! ». 

Si l’UNSA se réjouit que sur de tels sujets, les organisations syndicales puissent s’exprimer d’une seule voix, elle regrette fortement que certaines d’entre elles refusent de transformer l’essai lorsqu’il s’agit d’écrire au gouvernement pour exiger la ratification de la convention 190 et de la recommandation 206 de l’Organisation Internationale du Travail contre la violence et le harcèlement dans le monde du travail. 

De son côté, l’UNSA continuera sa lutte pour des droits et des salaires égaux pour les femmes, mais aussi son combat contre les violences que celles-ci subissent, au travail comme dans le cadre domestique, au niveau national et dans l’ensemble des instances internationales dans lesquelles elle milite, Confédération Européenne des Syndicats et Organisation Internationale du Travail notamment. 

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