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Automobile : l'UNSA et la CGT métallurgie affichent leurs revendications

Revue de presse | Par GUITTET Léo | 27/05/2020 11:25

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Ces articles proviennent des sites des syndicats de salariés UNSA et la CGT métallurgie.

 

L'UNSA exprime ses exigences pour l'automobile :

L’UNSA accueille positivement les annonces du chef de l’État pour soutenir le secteur traversé par une crise sans précédent menaçant les emplois, par la mise en place d’un plan de relance de la consommation et un vaste plan de transformation de l’industrie automobile vers des véhicules plus propres, électriques et hybrides. L’UNSA sera très attentive à la préservation des emplois et des compétences. 

La crise sanitaire a fait vaciller les modèles économiques. La réorientation des activités pour basculer dans la transition écologique et technologique est aujourd’hui une priorité pour relancer la filière automobile. L’ambition du chef de l’État que la France devienne la première nation productrice de véhicules propres en Europe va dans ce sens. L’investissement de 8 milliards d’euros engage l’État, les constructeurs, les sous-traitants mais également les consommateurs à réussir la transformation : 

  • Les véhicules électriques et hybrides doivent être accessibles au grand public, réparables, recyclables avec une autonomie suffisante et facilement rechargeables ;
  • Les batteries (aujourd’hui lithium-ion) doivent être conçues et produites en France et en Europe. C’est l’enjeu de l’Alliance Européenne des Batteries pour donner naissance à un consortium paneuropéen leader que devrait intégrer Renault, rejoignant ainsi PSA et Total Saft.
  • L’investissement doit soutenir l’innovation technologique (véhicules autonomes, nouveaux moteurs) et développer les savoir-faire en s’appuyant sur les compétences des salariés du secteur ;
  • Pour l’efficacité de la transition technologique, un dialogue social local doit s’engager site par site. La transformation des organisations de travail et l’évolution des compétences, doivent se discuter au plus près des réalités du terrain.

L’UNSA est prête à accompagner cette transition écologique et technologique au niveau national comme dans les entreprises où elle est implantée en étant force de propositions. 

L’UNSA sera exigeante sur la préservation des emplois et le développement des compétences qui devront nécessairement accompagner la réalisation de ce plan. 

 

La CGT métallurgie alerte sur la situation de la filière automobile :

Le plan de relance de la filière automobile vient d’être dévoilé par le Président Macron. Des mesures sont prévues telles que des primes vertes pour l’achat des véhicules 100 % électriques et hybride, la conversion exceptionnelle de véhicules thermiques de dernière génération, hybrides et électriques. Pour certaines primes il faudra arriver les premiers dans les succursales. La FTM CGT considère que si les aides pour les achats de véhicules apporteront un plus, par expérience dès qu’elles cessent, le niveau de vente baisse. 

Un fond d’investissement de 600 millions d’euros, dont 200 millions de la part des deux constructeurs français sera créée avec comme objectif de moderniser les outils de productions et d'accélérer l’innovation. Au total, l’État va apporter plus de 8 milliards d’euros d’aides publiques au secteur, en incluant les 5 Milliards de prêt pour Renault. 

Pour autant il est urgent d’avoir une réflexion beaucoup plus approfondie avec l'objectif d'une stratégie sur le long terme. La FTM-CGT considère qu’il est capital d’avoir une stratégie industrielle qui doit répondre aux enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux (le projet de la voiture populaire de RENAULT prend donc tout son sens). Il est nécessaire de replacer l’automobile dans une véritable politique du transport en répondant aux besoins de la population. Donner une place à ce produit dans l’organisation des transports publics, partagés et individuels, que ce soit pour les ménages et professionnels urbains comme ruraux. 

La situation sanitaire et sociale fait craindre que la production de nos usines soit ralentie pour plusieurs mois, d’autant plus qu’il faut écouler 400 000 véhicules neufs stockés actuellement sur les parcs Français. Ce chiffre a-t-il été vérifié ? 

Il faut des mesures fortes pour empêcher les délocalisations de production et le fait que le Président Macron semble accepté la fermeture des sites n’est pas de nature à suivre cet objectif. M. Macron doit concrétiser ses engagements au sujet des relocalisations et conditionner les aides de l’Etat a cela. 

Se féliciter de la production de la Peugeot 3008 à Sochaux n’est en réalité, qu’un effet d’annonce puisque cela a était décidé bien avant la crise du COVID-19. L’annonce du moteur électrique qui sera produit pour RENAULT a Cléon est une bonne nouvelle mais elle doit s’accompagner de la production via la sous-traitance en France de la puissance électronique. La CGT a des propositions concrètes pour la relocalisation nécessaire à l’industrie automobile, pour l’emploi et l’autonomie industrielle. 

Nous pouvons nous féliciter que la transition à long-terme s’éclaircisse, mais sur le court-terme, rien ne nous garantit une reprise de l’activité sereine ! 

L’urgence serait de travailler à un rééquilibrage des volumes et ainsi gommer des non-sens, comme par exemple pour la Clio et la 208, les 2 types de voitures les plus vendues en France alors que pas une seule n’est produite ici. Idem pour les 208 électriques… L’Etat et les constructeurs nous ressortent au contraire toujours les mêmes recettes : conserver les véhicules à forte valeur ajoutée. 

Le site et les salariés de Renault Douai payent cette stratégie, en misant sur des produits à faible volume qui s’adressent à une clientèle exigeante, sur des segments où les constructeurs étrangers ont de nombreux atouts à faire valoir… Le résultat : des volumes de vente qui ne suffisent pas pour assurer le développement industriel. 

La FTM-CGT pense au contraire, qu’il faut miser sur le volume, sur les segments B et C, là où les constructeurs Français sont très compétents. Et si Toyota arrive de produire des véhicules sur le segment B à Onnaing, c’est bien que le « coût du travail » n’est pas l’argument principal de la délocalisation de la 208 et de la Clio… 

Nous doutons donc fortement de l’efficacité d’un soutien basé uniquement sur les véhicules électrifiés car le temps que l’on calibre nos capacités de production sur le mode électrique ce sont de nombreux salariés qui pourraient voir leurs emplois délocalisés. 

Pour la FTM-CGT, qui soutient le projet de loi des GM&S il ne faut pas laisser les donneurs d’ordres décider seuls de l’avenir de la filière automobile alors même que c’est eux qui ont provoqué la situation actuelle. La FTM-CGT a demandé à M Lemaire, l’organisation d’un débat national pour une véritable filière automobile répondant aux besoins de la population. 

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