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Réforme du système de santé : pour les syndicats, la clé est l'union de la population

Revue de presse - Sécurité sociale | Par Adrien Pittore | 19/09/2018 10:54

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Cet article est issu du site du syndicat de salariés CFTC

 

Comme pour le travail, Emmanuel Macron a décidé pour mener sa réforme, de « recentrer le système autour de l’individu », ici donc du patient. Le Président a prévenu qu’il faudrait 2 à 3 ans pour restructurer l’organisation. Et pour cause, c’est par le prisme de l’organisation de la santé que le gouvernement souhaite faire de cette réforme une réforme structurelle sur le long terme. 

La CFTC se réjouit de cette volonté qui va permettre de sortir enfin d’une vision de la santé quasi exclusivement organisée autour de l’offre et de la demande, tel n’importe quel bien. Conçu pour une société où l’on vivait moins vieux, pour des pathologies aigües notre système de santé n’était plus adapté à la nouvelle cartographie sanitaire (déserts médicaux, vieillissement de la population, nouvelles pathologies, maladies chroniques…). Cette vue archaïque de notre système de santé est apparue plus criante encore ces dernières années. 

Pour dessiner les contours de cette réforme, le ministère de la santé des affaires sociales et de la solidarité a lancé au printemps dernier une concertation avec l’ensemble des acteurs. A ce titre la CFTC, comme les autres partenaires sociaux, avait remis une contribution contenant 32 propositions. Elle se satisfait aujourd’hui de constater que bon nombre d’entre elles ont été reprises par le gouvernement. 

Parmi elles : 

  • La sortie progressive du tout T2A par l’élaboration de nouveaux modes de rémunération pour accompagner financièrement le parcours de soins. Si dans un premier temps seules les insuffisances rénales chroniques et le diabète sont concernés, la CFTC souhaite élargir la mise en place de financements transversaux autour d’un épisode de soins à d’autres pathologies.
  • Face à la perte de sens au travail que subissent les métiers de l’hôpital, souvent dû à un manque de considération pour leurs missions, il était urgent d’offrir à ces acteurs de santé des perspectives de carrière en facilitant leur mobilité et en dopant leurs compétences. A ce titre la CFTC ne peut que se réjouir de la modernisation annoncée du statut de praticien hospitalier qui permettra les évolutions de carrière et fera tomber les frontières entre médecine de ville et hôpital. Par ailleurs la CFTC salue aussi la revalorisation salariale pour les infirmières des EPHAD promise par Emmanuel Macron. Qu’en est-il des autres professionnels de santé soumis aux mêmes difficultés ?
  • La création de nouvelles structures de proximité, aux missions élargies et dotés d’un financement adéquat. L’hôpital ne doit plus être la réponse à tous les maux. Pour cela il faut faire émerger un nouveau modèle de permanence des soins (à la ville) au sein duquel chaque acteur joue son rôle en fonction du parcours du patient. Pour cela il faut dégager du temps médical et de soin. La création de 4000 assistants médicaux s’inscrit en ce sens. La CFTC attend cependant des clarifications sur les missions, les taches, et surtout les qualifications inhérentes à ce nouveau métier.
  • Le développement des Communautés professionnelles territoriales de santé, dites CPTS. Si ces regroupements existaient déjà, il fallait les doter de moyens normatifs et financiers permettant aux acteurs de ladite communauté de travailler en parfaite intelligence (géographique, populationnelle) pour élaborer les parcours de santé adéquats en fonction de l’offre de soin.
  • L’accélération et la mise en œuvre réelle du virage numérique dans la santé. La CFTC espère que le Dossier Médical Partagé devienne enfin effectif. En effet, le DMP a connu des évolutions conséquentes pourtant il n’a jamais vraiment été déployé devenant ainsi l’Arlésienne du système de santé. Pour la CFTC, le DMP doit être avant tout considéré comme un outil d’amélioration de la qualité des soins. L’exercice individuel et isolé de la médecine ne correspond plus aux enjeux actuels. Le dossier médical partagé est un outil qui permet d’organiser et d’articuler les interventions des différents professionnels de santé.

Pour mener à bien cette réforme, le Président de la République a annoncé un plan de 3.4 Milliards sur quatre ans au total. Si les moyens sont conséquents, on peut regretter que le gouvernement ne se soit pas attaqué à la structure du financement de notre système de santé, toujours trop cloisonné entre les différents acteurs (ville, hôpital, médico-social). 

Mais, au-delà des financements, l’un des enjeux majeurs de cette transformation de notre système de santé est de redonner du sens et de la valeur à l’engagement médical et hospitalier. Un enjeu d’autant plus difficile à atteindre que, dans la santé comme dans d’autres secteurs, les aspirations des professionnels semblent être souvent liées à leur âge. Ainsi, si les baby-boomers étaient attachés à l’exercice isolé d’une médecine libérale et généraliste, une nouvelle génération semble préférer la médecine spécialisée, le travail collectif et de plus en plus des rémunérations alternatives au paiement à l’acte (salariat), plus en phase avec un désir de conciliation des temps de vie. 

Pour la CFTC, il ne faut pas opposer ces générations et ces pratiques, bien au contraire. En effet, le succès de la réforme est justement conditionné à la diversification des pratiques (offre de soin), car elles permettront de s’adapter au mieux aux évolutions des besoins de santé (vieillissement, obésité, cancer). 

 

Cet article est issu du site du syndicat de salariés CGT

 

Au-delà des déclarations d’intentions, ce que propose le président de la République, contraint par les luttes des personnels de la santé et la montée de l’exaspération de la population, ne répond en rien au besoin d’une reconstruction de notre système de santé. À nouveau, il n’entend pas les revendications des personnels de santé et les exigences des réponses aux besoins de santé de la population.
Aucun moyen financier ou si peu n’accompagne le plan présenté ce jour. Cette crise du système de santé, la progression du non-recours aux soins, la mise en danger des personnels de santé soumis à des contraintes de travail infernales sont le résultat d’une politique : celle de la MAÎTRISE DES DEPENSES de santé menée depuis de nombreuses années.
Pour la CGT, cette politique globale de santé exige une autre organisation du travail reposant sur l’amélioration des conditions de travail des professionnels nécessitant un plan massif de créations d’emplois et de formations. Ce sont 100 000 emplois pour l’hôpital et 200 000 pour les EHPAD et les services à la personne dont nous avons besoin immédiatement.
Pour la CGT, il faut rompre avec cette logique appelée coopération entre les établissements qui, en fait, est une mise en concurrence du service public et du privé qui aboutit à la fermeture de nombreux services.
L’organisation du système de santé et de l’accès aux soins doit reposer sur le service public, avec la création et le développement de centres de santé et des professionnels salariés, y compris des médecins, rattachés à des établissements publics de santé, notamment des hôpitaux de proximité.
Un hôpital de proximité ne doit pas être une coquille vide mais comprendre, au moins, les services suivants : Urgences, Médecine, Chirurgie, Maternité et Gériatrie.
Par ailleurs, il est absolument nécessaire de conserver une spécificité de l’offre de soins de psychiatrie, dans le cadre de l’organisation en secteurs au plus près de la population.
Pour la CGT, régler durablement la question des déserts médicaux, c’est traiter le problème de la présence de médecins sur tous les territoires. Aussi, il ne suffit pas seulement de supprimer le concours de première année de médecine, il faut en finir avec le numerus clausus mais, surtout, former un plus grand nombre de médecins, ce qui n’est pas l’objectif final du gouvernement.
Pour permettre cette sortie de la crise, les miettes ne suffiront pas, il faut un financement à la hauteur des besoins.
Il y a urgence à développer une véritable politique de prévention portée avant tout sur l’amélioration des conditions de vie et de travail, l’éducation et l’organisation des solidarités tout au long de la vie, ce qui est à l’opposé des différentes réformes menées ces dernières années et celles à venir.
L’argent ne manque pas mais il ne va pas au bon endroit comme le montrent les distributions de dividendes affichées cette année par les entreprises du CAC 40.
Pour l’accès à la santé pour tous et la défense de notre modèle social, signe de progrès, la CGT appelle à se mobiliser le 9 octobre prochain. 

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