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Levothyrox : plutôt que connaître ses effets, ne faudrait-il pas connaître ce médicament ?

Revue de presse - Sécurité sociale | Par Adrien Pittore | 26/06/2018 10:28

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Cet article est paru sur le site du syndicat de salariés FO

 

L’un des principaux enseignements à tirer du nouveau rebondissement dans l’affaire du Lévothyrox n’est pas tant sa composition que la difficulté à la connaître.  

Depuis plus d’un an, le Lévothyrox, médicament concernant des problèmes thyroïdiens, donne lieu à une affaire qui ne cesse de rebondir dans les médias, d’autant que les grands laboratoires pharmaceutiques n’ont pas spécialement bonne presse. Depuis la commercialisation, en mars 2017, de sa nouvelle formule, dite NF, certains malades ont ressenti de tels effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, chute de cheveux, douleurs articulaires et musculaires) que des procédures ont été lancées en justice et des perquisitions effectuées. Après la découverte, le mois dernier, de nanoparticules dans la nouvelle formule, démentie par le fabricant, le dernier rebondissement concerne une analyse également commandée par l’AFMT, Association française des malades de la thyroïde, qui, pour échapper à d’éventuelles pressions en France, s’est adressée à un laboratoire étranger, situé aux États-Unis et certifié par la FDA, l’autorité sanitaire américaine. 

Le prix à payer pour la science

L’AFMT a affirmé, le 14 juin, que, selon cette nouvelle étude, la teneur en lévothyroxine, seul composant hormonalement utile du médicament, est gravement inférieure aux spécifications en vigueur, et qu’était présente une autre substance, pouvant correspondre à de la dextrothyroxine. Le laboratoire Merck, fabricant du Lévothyrox, a immédiatement contesté cette information, qualifiée d’infondée scientifiquement. Jusqu’à preuve du contraire ? Problème : une étude complémentaire serait nécessaire pour confirmer ou infirmer la présence de cette dextrothyroxine, mais l’AFMT n’en a plus réellement les moyens après avoir fait mener à ses frais deux autres expertises. Elle a appelé les autorités sanitaires à intervenir. Une autre association de malades de la thyroïde, « Vivre sans thyroïde », a été déboutée en justice quand elle a demandé à ce que Merck fournisse des documents. Le jugement renvoie aux analyses de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, contre qui ont pourtant été avancés, en mars dernier, des soupçons de conflit d’intérêts avec Merck. 

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