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Chômage : les comptes de l'Unédic seraient en meilleure forme

Revue de presse - Etat | Par GUITTET Léo | 02/04/2019 11:18

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Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat de salariés FO.

Les comptes de l’Assurance chômage, dans le rouge depuis la crise économique de 2008, pourraient repasser au vert en 2021, selon des prévisions financières à moyen terme dévoilées par l’Unédic le 26 mars. Et cela sans avoir besoin de changer les règles actuelles d’indemnisation. 

L’Unedic, l’organisme paritaire chargé de la gestion de l’Assurance chômage, a dévoilé le 26 mars ses prévisions financières à moyen terme, jusqu’en 2021. Le retour à l’équilibre du régime, déjà annoncé lors de précédentes prévisions en juin 2018, se confirme, même s’il est décalé d’un an. 

Initialement attendu pour fin 2019, il est reporté au deuxième semestre 2020 en raison d’un ralentissement de la croissance. Le solde financier entre les recettes (cotisations patronales et CSG) et les dépenses (principalement versement d’allocations et participation au financement de Pôle emploi) s’établirait à -1.9 milliards d’euros en 2019, à - 400 millions d’euros en 2020 et à + 1.4 milliards d’euros en 2021. Les prévisions de juin 2018 prévoyaient un retour au quasi équilibre dès 2019 (-89 millions d’euros) et des excédents en 2020 (+ 1.6 milliard d’euros). 

L’Assurance chômage est sensible aux fluctuations de l’économie

L’Assurance chômage est particulièrement sensible aux fluctuations de l’économie, a rappelé Patricia Ferrand, la présidente de l’Unédic, lors d’une conférence de presse. Et les conséquences de la conjoncture économique s’observent très vite au niveau des recettes et des dépenses. 

Moins de croissance, c’est un ralentissement des créations nettes d’emploi, et un chômage et des dépenses d’allocations qui reculent moins vite. Et inversement. Le déficit sera très léger en 2020 et la conjoncture peut encore s’améliorer, souligne Michel Beaugas, secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi. 

L’Unedic anticipe un ralentissement des créations d’emploi en 2019 puis une légère augmentation en 2020 et 2021 du fait des politiques publiques (transformation du CICE en baisse de cotisations sociales, effets du plan investissement compétences sur l’emploi). L’emploi progressant lentement, mais plus vite que la population active, le nombre de chômeurs indemnisés baisserait lentement à partir de fin 2019, entraînant une diminution progressive des dépenses d’allocations, ajoute l’Unedic. 

La dette de l’Assurance chômage atteindrait son niveau maximum fin 2020, à 37.6 milliards d’euros (11 mois de recettes) et commencerait à baisser en 2021 (36.2 milliards d’euros). 

La réforme voulue par le gouvernement est dogmatique et non économique

Ces prévisions sont établies selon les règles d’Assurance chômage actuellement en vigueur, autrement dit la convention Unedic d’avril 2017 valable jusqu’en septembre 2020. Elles seront forcément impactées par les effets de la réforme de l’Assurance chômage voulue par le gouvernement, ainsi que par la prochaine révision du dispositif d’indemnisation des frontaliers par les instances européennes. 

L’Assurance chômage deviendra bien de nouveau bénéficiaire à partir de 2021 sans modifier les règles actuelles, souligne Michel Beaugas. Le choix du gouvernement de baisser les droits des demandeurs d’emploi est bien dogmatique et non économique, nous continuerons donc à nous y opposer et à réclamer la mise en place d’un bonus-malus efficace sur les CDD pour lutter contre la précarité et ainsi faire faire des économies à l’Assurance chômage. 



 

Après un contrat court, les allocataires reprennent plus vite un emploi

La ministre du Travail a affirmé le 26 février en conférence de presse qu’un chômeur indemnisé sur cinq touche une allocation supérieure à la moyenne de ses rémunérations mensuelles perçues antérieurement. Elle a pointé un « dysfonctionnement » auquel il fallait mettre fin en modifiant les règles d’Assurance chômage. 

On ne sait pas comment le gouvernement a fait ses calculs, ce n’est pourtant pas faute d’avoir demandé, a réagi Patricia Ferrand, la présidente de l’Unédic, interrogée sur ces statistiques. Elle a aussi rappelé que dans les règles d’Assurance chômage, un demandeur d’emploi ne peut pas gagner plus en étant indemnisé qu’en travaillant

Sans remettre en cause les calculs du gouvernement, elle a précisé que l’Unédic avait une autre manière d’aborder la question. Selon elle, le gouvernement « vise » les allocataires qui n’ont pas travaillé à temps plein avant leur inscription à Pôle emploi, et qui ont enchaîné les CDD et les contrats d’intérim. 

Nous avons cherché à savoir comment les gens réagissent une fois qu’ils sont indemnisés, a-t-elle poursuivi. Le discours est que cette situation n’inciterait pas à un retour à l’emploi. Et notre constat, c’est qu’ils reprennent plus vite un emploi que les autres. 

Selon une note de l’Unédic, 45% des allocataires retravaillent dans les trois mois qui suivent le début d’indemnisation. Mais cela concerne seulement un tiers de ceux qui ont travaillé à temps plein l’année précédant leur inscription, contre plus de la moitié (près de 6 sur 10) de ceux qui n’ont pas travaillé toute l’année. Et pour les allocataires qui ouvrent des droits après un contrat court de moins d’un mois, 70% retravaillent dans les trois mois qui suivent. 

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