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Vers une réforme de l'aide médicale d'Etat (AME) afin d'assécher le flux migratoire

Politique | Par Mickaël Ciccotelli | 10/09/2019 11:15

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Evoquée ici ou là depuis le mois d'août, la perspective d'une réforme de l'aide médicale d'Etat (AME) se fait aujourd'hui plus précise. Si l'on en croit en effet les Echos, le Président de la République s'apprêterait à réorganiser l'AME afin d'en faire un outil au service de l'assèchement du flux migratoire massif, hors de contrôle et largement infondé auquel la France est soumise depuis plusieurs années.

 

Bien que n'étant pas dénuée d'intérêt, cette nouvelle entreprise présidentielle ne semble toutefois guère ambitieuse. 

Bruits de couloir sur l'AME

Au beau milieu du mois d'août, certaines rumeurs d'une prochaine réforme de l'AME suscitaient l'inquiétude de diverses "associations humanitaires" et de leurs traditionnels relais médiatiques - voir par exemple ici. Auditionnées par l'inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l'inspection générale des finances (IGF) dans le cadre de la rédaction d'un rapport relatif à l'AME devant être remis au gouvernement au début du mois d'octobre, ces associations ont inteprété le principe même du travail de l'IGAS et de l'IGF comme une preuve de la volonté gouvernementale de remettre en cause l'AME. 

Philippe de Botton, le président de Médecins du monde, a ainsi commenté son audition : "Ce dispositif a toujours été plus ou moins attaqué chaque année depuis qu'il existe pour des raisons à mon avis beaucoup plus politiques et idéologiques que de santé publique. C'est pour ça qu'on est très préoccupé". 

Des intentions plus précises

D'après les Echos, les intentions de l'exécutif se feraient actuellement plus précises. Si le Président de la République n'entend pas remettre en cause le montant global de l'AME ni durcir les conditions d'accès aux prestations offertes par le dispositif, il souhaiterait toutefois redéfinir le panier de soins qu'il recouvre. En particulier, certaines dépenses non urgents, comme les prothèses mammaires, seraient dans le viseur d'Emmanuel Macron.  

Du point de vue de l'exécutif, la réforme de l'AME serait utilisée dans le cadre de la réforme plus globale de la politique de l'immigration - ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le rapport de l'IGAS et de l'IGF doit être rendu au gouvernement en même temps que s'ouvrira le débat sur cette politique. Toujours d'après les Echos, M. Macron estimerait qu'une réforme de l'AME contribuerait à assécher le flux migratoire massif qui s'abat sur la France depuis plusieurs années. Les étrangers venant en France pour des raisons sanitaires y regarderaient en effet à deux fois avant de le faire. L'intention est louable : comment justifier que des ressortissants venus de pays sûrs viennent en France afin, entre autres joyeusetés, de se faire refaire la poitrine ? 

Un volontarisme à relativiser

Une telle réforme de la politique de l'AME nourrirait, certes, les cris d'orfraie des éternels défenseurs des miséreux du monde - à la condition qu'ils soient logés ailleurs que dans leur quartier, ceci va de soi. Elle n'en serait pas moins d'une portée limitée. 

Dans l'état actuel des choses, ce ne sont pas simplement quelques usages abusifs de l'AME qui posent problème, mais les structures mêmes de ce dispositif. En 2018, son coût a avoisiné le milliard d'euros et elle a bénéficié à quelque 300 000 personnes. Un rapide calcul conduit à en déduire que chaque utilisateur de l'AME a ainsi bénéficié de soins dont le montant moyen a dépassé les 3300 euros. Prenant connaissance de ce chiffre, les Français mal pensants - et ils sont de plus en plus nombreux - ne manqueront pas de se demander si, en comparaison de la consommation médicale moyenne du Français lambda, cotisant à la Sécurité sociale, la consommation médicale des utilisateurs de l'AME n'est pas quelque peu élevée... 

Une inflexion politique plus générale ?

Ne se risquant pas à ces réflexions peu avouables mais inévitables, le quotidien économique explique que, bien plus généralement, le Président de la République serait sur le point d'engager une politique plus restrictive en matière d'immigration. Souhaitant lutter contre "l'insécurité culturelle" ressentie par les Français du fait des vagues d'immigration hors de contrôle auxquelles ils sont confrontés - et qu'il juge susceptibles de croître du fait de désordres mondiaux à venir, économiques, politiques et climatiques - le chef de l'Etat veut s'emparer de ce sujet et l'inscrire à l'agenda politique. 

Là encore, il apparaît difficile de ne pas s'interroger sur les intentions réelles de l'exécutif. En particulier, il est difficile de ne pas interpréter le soudain regain d'intérêt de M. Macron pour la question de l'immigration comme étant une stratégie de basse politique destinée à redorer son blason, à l'approche des élections municipales et alors que le chantier de la réforme des retraites promet d'être difficile à mener à bien. En passe de saper définitivement ce qu'il reste de l'unité nationale, l'immigration massive mérite pourtant de faire l'objet d'un tout autre intérêt. 

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